:: La newsletter du Cniid du 16 f̩vrier 2009::
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Si cette lettre ne s'affiche pas bien, cliquez sur le lien qui suit : http://www.cniid.org/espace_mailing/lettre_cniid_toxics_20090216.html  
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
:: Sommaire
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
:: Cniid : un nouveau graphisme pour un m̻me combat

Le Cniid s'est dot̩ d'une identit̩ visuelle rajeunie pour mieux rendre compte de son engagement, de son r̫le de vigilance citoyenne et d'information ind̩pendante. Cette premi̬re newsletter de l'ann̩e est l'occasion de la d̩couvrir. Nous vous invitons visiter ̩galement notre nouveau site internet (http://www.cniid.org).

Responsabilit̩ r̩elle des producteurs, tarification juste pour le citoyen, collecte s̩lective des biod̩chets, retour de la consigne, fin des privil̬ges l'incin̩ration et arr̻t du d̩veloppement des m̩ga-d̩charges sont autant de combats que nous pouvons gagner. Au-del d'un Grenelle qui occupera encore une partie de la sc̬ne en 2009, le Cniid continuera alerter et relayer ses demandes et ses propositions notamment vers les acteurs locaux, pour s'engager (enfin) vers une gestion ̩cologique de nos d̩chets.

:: Grenelle : ̩viter un plan de relance de l'incin̩ration

Vendredi 6 f̩vrier, l'article 41 sur les d̩chets du projet de loi Grenelle 1 est pass̩ en premi̬re lecture au S̩nat. Le Cniid, qui avait d̩j pr̩sent̩ cette loi, avant le passage l'Assembl̩e en octobre 2008, comme une  loi de communication , craignait que les s̩nateurs ne s'alignent sur le vote frileux des d̩put̩s. S'il n'y a pas eu de reculs nets, les avanc̩es restent timides.

Finalement, cet article suit les orientations donn̩es par la directive cadre d̩chet adopt̩e le 19 novembre 2008 au niveau europ̩en, avec les m̻mes limites. La loi Grenelle fait r̩f̩rence notamment au respect de la  hi̩rarchie  de la gestion des d̩chets (1) : belle d̩claration d'intention mais peu de mesures concr̬tes. Le projet de loi reste, par exemple, extr̻mement insuffisant sur les mesures li̩es la pr̩vention des d̩chets et au r̩emploi. Rappelons, de plus, que l'Europe a malheureusement ouvert la bǫte de Pandore en rendant possible de qualifier l'incin̩ration de  valorisation ̩nerg̩tique  (2), ce qui se retrouve dans le texte de loi fran̤ais : les objectifs fix̩s seront atteints par  une modernisation des outils de traitement des d̩chets et notamment de leur part r̩siduelle par la valorisation ̩nerg̩tique . Traduction : sous pr̩texte de modernisation, la France va chercher investir encore dans l'incin̩ration au lieu de s'engager dans sa r̩duction, qui est pourtant un objectif chiffr̩ du Grenelle (3).

Le danger concret sur l'incin̩ration, apr̬s le vote l'Assembl̩e, venait de l'article 41bis (4), modifiant le code g̩n̩ral des imp̫ts, qui rendait possible l'exon̩ration de taxe fonci̬re pour les entreprises se connectant   une usine de traitement de d̩chets  (comprendre l'incin̩ration) pour pourvoir leur besoin thermique. Cette mesure visait notamment favoriser l'implantation d'incin̩rateurs en utilisant la caution des d̩bouch̩s industriels pour l'utilisation de la chaleur. Cette proposition inacceptable a ̩t̩ refus̩e par des s̩nateurs plus sages que les d̩put̩s. Avant le vote, le Cniid avait alert̩ les s̩nateurs du risque li̩ cette proposition, ch̬re notamment l'association de collectivit̩s/industriels Amorce.

Si le moratoire national sur l'incin̩ration d̩fendu par le Cniid et les associations n'a pas ̩t̩ act̩ en 2007, soulignons toutefois l'initiative positive de plusieurs s̩nateurs qui avaient d̩pos̩ un amendement reprenant cette demande.

Sur la question ̩pineuse de la tarification incitative, on peut priori se f̩liciter que sa mise en place ait ̩t̩ ramen̩e d'une ̩ch̩ance de 10 5 ans (5) mais les mots seront-ils suivis des faits quand on connąt la frilosit̩ des repr̩sentants des collectivit̩s engager la transition vers ce mode de tarification ? Cette mesure, si elle est respect̩e, permettra en tout cas d'atteindre plus facilement les taux de recyclage (35%) et de r̩duction (7%) fix̩s pour 2012 et de r̩duire le recours la d̩charge et l'incin̩ration.

Le projet de loi a ̩t̩ renvoy̩ l'Assembl̩e Nationale pour la deuxi̬me lecture. Au-del de cette loi, celle portant engagement pour l'environnement, dite  Grenelle 2  constituera le v̩ritable outil op̩rationnel et juridique pour la mise en place de la politique d̩chets qui entrąnera plusieurs modifications du Code de l'Environnement avec une r̩vision d'ici 2011 ou 2012 des plans d̩partementaux d'̩limination des d̩chets. Ce projet de loi passera au S̩nat (mesure d'urgence) dans les semaines qui viennent.

(1) La hi̩rarchie donne la priorit̩ 1) la pr̩vention 2) la r̩utilisation 3) le recyclage 4) autre valorisation notamment ̩nerg̩tique 5) ̩limination

(2)  L'incin̩ration pourrait ainsi monter d'un cran dans la hi̩rarchie des d̩chets sous certaines conditions.

(3)  Objectif global de r̩duction de l'enfouissement et de l'incin̩ration de 15% d'ici 2012

(4) amendement d̩pos̩ l'Assembl̩e Nationale par le d̩put̩ UMP Serge Poignant et adopt̩ lors du vote.

(5) exception faite pour l'habitat collectif dont la mise en place reste fix̩e 10 ans.

Pour aller plus loin :

Texte de la petite Loi du Grenelle 1 vot̩e au S̩nat (Partie d̩chets : article 41)

Texte du projet de loi Grenelle 2 : voir le site du S̩nat (Partie d̩chets : articles 74 81)

Contact : S̩bastien Lapeyre

:: Cyclamed : nos m̩dicaments pour soigner les incin̩rateurs

Faites un test : demandez votre pharmacien ce que deviennent les m̩dicaments non utilis̩s (MNU) et leurs emballages que vous lui ramenez. Il vous r̩pondra probablement qu'ils serviront chauffer ou ̩clairer des logements. S'il tient ce discours, vous aurez la preuve qu'il a bien appris le nouveau discours de Cyclamed, en charge du devenir des MNU. S'il est plus franc ou mieux inform̩, il vous dira que vos m̩dicaments partent tout simplement dans un four d'incin̩rateur.

Officiellement, ce nouveau syst̬me d'̩limination des m̩dicaments et de leurs emballages mis en place par Cyclamed est entr̩ en vigueur depuis le 1er janvier 2009. Pr̩c̩demment, les m̩dicaments collect̩s ̩taient envoy̩s dans des pays en voie de d̩veloppement et la solution n'̩tait pas meilleure. De nombreux dysfonctionnements et d̩rives avaient ̩t̩ constat̩s : l'organisme avait notamment ̩t̩ ̩pingl̩ en 2005 par un rapport de l'IGAS (Inspection g̩n̩rale des affaires sociales).

Encore une fois, la solution de facilit̩ que constitue l'incin̩ration ̩vite de mettre en place les vraies solutions : r̩duction et recyclage des emballages de m̩dicaments mais aussi et surtout la r̩duction de la  survente  de m̩dicaments. Rappelons que dans plusieurs pays, les pharmaciens proposent la vente de m̩dicaments en  vrac  et ne fournissent ainsi que la stricte quantit̩ n̩cessaire, ce qui ̩vite le gaspillage et r̩duit les d̩penses de sant̩.

Ce nouvel ̩pisode Cyclamed vient illustrer, une fois de plus, la mauvaise application de la  responsabilit̩ des producteurs . Mais l'industrie du d̩chet et celle du m̩dicament n'y trouveront srement rien redire...

Contact : S̩bastien Lapeyre

:: L'Union europ̩ene engage de nouveau la r̩flexion sur la gestion des biod̩chets : une chance ou un risque pour l'environnement ?

La Commission europ̩enne s'̩tait d̩j pench̩e sur la gestion des biod̩chets, c'est aujourd'hui sous la forme d'un Livre vert qu'elle fait part de ses r̩flexions. La pr̩sentation d'un ̩tat des lieux sur les diff̩rentes pratiques mises en oeuvre dans les Etats membres, des outils juridiques europ̩ens sur l'usage et le traitement des biod̩chets et une analyse des incidences environnementales, ̩conomiques et sociales li̩es la gestion des biod̩chets, sont suivies d'un questionnaire auquel les parties prenantes sont invit̩es r̩pondre. La consultation publique sur le Livre vert n'engage en rien la Commission produire une proposition de directive. Soulignons d'ailleurs que des travaux avaient ̩t̩ engag̩s par le pass̩, notamment sur les normes de qualit̩ des composts, mais n'ont jamais abouti, laissant ces d̩cisions la discr̩tion de chaque Etat membre (1), ce qui laisse douter de la r̩elle volont̩ politique des institutions europ̩ennes de l̩gif̩rer sur ce sujet. Sur la base des r̩sultats de la consultation, la Commission jugera utile, ou non, d'̩laborer une proposition de directive sur la gestion des bio-d̩chets, avec le risque que les lobbies industriels en tirent les principaux b̩n̩fices.

Le Livre vert souligne prioritairement le r̫le ̩nerg̩tique des bio-d̩chets et le Cniid regrette que soient quelque peu laiss̩es de c̫t̩ les potentialit̩s de ces d̩chets en termes d'am̩lioration de la qualit̩ des sols via le compostage. L'impression est donn̩e que le gisement europ̩en de biod̩chets est seulement un moyen d'atteindre les objectifs fix̩s par la directive EnR (Energies renouvelables, ndlr) d'augmentation de production d'̩nergies renouvelables hauteur de 20% du mix ̩nerg̩tique europ̩en d'ici 2020. Rappelons qu'en France, cette augmentation reposera essentiellement sur l'usage de la biomasse et donc notamment des bio-d̩chets, qui courent le risque d'̻tre orient̩s pr̩f̩rentiellement vers l'incin̩ration. L'int̩gration de ce traitement dans les sources d'̩nergie renouvelable alors que 50% des d̩chets incin̩r̩s sont d'origine fossile et participent l'̩mission de gaz effet de serre est un non-sens environnemental.

La valorisation ̩nerg̩tique des biod̩chets ne peut se concevoir que par m̩thanisation o les marges de progression sont tr̬s importantes en France. Ce choix doit se faire la condition qu'une gestion s̩par̩e de ces d̩chets soit effectu̩e la source, meilleure assurance d'une qualit̩ ̩lev̩e de compost. La valorisation la fois ̩nerg̩tique (biogaz) et agronomique (compost) est alors possible.

Le Cniid salue la mention dans le Livre vert que  toutes les r̩gions qui ont introduit la collecte s̩par̩e (des biod̩chets) consid̬rent qu'il s'agit d'une bonne solution de gestion des d̩chets , permettant leur valorisation mati̬re, et que cette collecte, si elle est intelligemment mise en place, ne constitue par forc̩ment un surcot et peut m̻me se r̩v̩ler lucrative. Cela va directement l'encontre du discours incessant des repr̩sentants des collectivit̩s fran̤aises sur l'inutilit̩ et le cot insurmontable de la collecte s̩par̩e des biod̩chets, discours encore r̩cemment tenu aupr̬s des eurod̩put̩s fran̤ais lors de l'̩laboration de la directive cadre sur les d̩chets.

En outre, le Livre vert rappelle que  le produit final (du TMB) est g̩n̩ralement tellement contamin̩ qu'il ne peut ̻tre utilis̩  et est donc vou̩ la mise en d̩charge. Or les collectivit̩s en France sont en train de se tourner massivement vers ce type de traitement, solution qu'elles consid̬rent, tort, comme une alternative l'incin̩ration et la mise en d̩charge (t̩l̩charger 4 pages du Cniid sur le TMB). Ce choix ne leur permettra pas d'accrǫtre leur taux de valorisation mati̬re, comme cela est exig̩ par le Grenelle de l'environnement, car elles rencontreront de nombreuses difficult̩s pour assurer des d̩bouch̩s agricoles leur compsost. La collecte s̩lective demeure la meilleure garantie pour une valorisation efficace des biod̩chets, combinant recyclage de la mati̬re (2) et valorisation ̩nerg̩tique par m̩thanisation.

Au niveau fran̤ais, le Cniid d̩nonce la faiblesse du texte du Grenelle I sur la gestion des biod̩chets et notamment le fait que l'engagement 259, consistant favoriser leur collecte s̩lective et les moyens allou̩s au compostage domestique, ait ̩t̩ enterr̩. Esp̩rons que l'Union europ̩enne d̩cidera de produire une l̩gislation ambitieuse permettant une valorisation mati̬re ̩cologique de cette fraction des d̩chets. Dans l'optique de porter les bonnes pratiques locales au niveau europ̩en, le Cniid s'attache actuellement centraliser puis relayer les positions des associations de terrain sur ce sujet aupr̬s du Bureau europ̩en de l'environnement, afin qu'il les prenne en compte pour r̩pondre la consultation de la Commission.

(1) On constate par exemple aujourd'hui que la norme allemande Blaue Angel sur les composts est plus s̩v̬re que la norme fran̤aise NFU 44051, pourtant r̩cemment r̩vis̩e, alors qu'elle conditionne la m̻me chose : l'usage agricole des composts issus d'ordures m̩nag̬res.

(2) Il est pr̩cis̩ dans le Livre vert que le traitement biologique des bio-d̩chets peut ̻tre consid̩r̩ comme du recyclage lorsque le compost ou le digestat est utilis̩ sur des terres ou pour la production de milieux de culture.

Pour lire le Livre vert cliquez ici.

Contact : H̩l̬ne Bourges

:: The "Story of stuff" ou l'histoire des choses

The  Story of stuff , d'Annie Leonard, est un documentaire anim̩ et tr̬s p̩dagogique de 20 minutes, qui explique les limites sociales, ̩conomiques et environnementales de l'̩conomie lin̩aire, qualifi̩e ici d'̩conomie mat̩rialiste. Le ton est tr̬s am̩ricain et les donn̩es chiffr̩es font r̩f̩rence au cas pr̩cis des Etats-Unis, mais les id̩es expos̩es sont transposables l'Europe occidentale et aux pays dits du Nord.

De l'extraction des mati̬res premi̬res n̩cessaires la production d'un bien, au devenir de la poubelle sortie quasi quotidiennement sur le trottoir, Annie Leonard d̩montre en quoi le syst̬me actuel est en crise et pourquoi la finitude de la plan̬te nous oblige penser autrement la production de biens et les ̩changes, dans un respect des peuples et de l'environnement.

Cliquez ici pour visionner le film avec les sous-titres fran̤ais.

Contact : H̩l̬ne Bourges

:: Penser durable, ̩viter le jetable : la couche pour b̩b̩

Le concept du produit usage unique ne date pas d'hier. Les premi̬res publicit̩s pour les biens jetables sont apparues au cours des ann̩es 1960. De nos jours, la couche jetable se substitue tr̬s souvent la couche r̩utilisable. Pourtant, depuis plusieurs ann̩es maintenant, la couche lavable est de retour dans un nombre croissant de m̩nages et alimente les d̩bats de l'espace public. Autrement dit, la couche lavable connąt un v̩ritable revival, sur le terrain aussi bien que dans les discussions. La couche lavable moderne est plus pratique que son anc̻tre. Mais avant tout et surtout, chacun y trouve son compte.

D'abord, les parents soucieux de la protection de l'environnement la pr̩f̬rent la couche jetable car elle permet de diminuer la pression sur les ressources naturelles et de r̩duire les d̩chets li̩s la production et l'abandon apr̬s utilisation. De plus, la couche lavable n'est pas condamn̩e finir sa vie dans un incin̩rateur ou une d̩charge comme les couches jetables, la dur̩e de vie extr̻mement faible. Une fois  hors service , on peut par exemple la remettre un acteur de l'̩conomie sociale et solidaire qui transformera la partie tissu en fibre isolante pour b̢timents.

Ajoutons que cette couche plus ̩cologique a ̩galement un int̩r̻t ̩conomique pour les m̩nages : utiliser des couches lavables reste moins on̩reux qu'opter pour des couches jetables. L'investissement se fait au d̩part mais les couches lavables sont rapidement amorties. Plus en aval, passer la couche lavable permet ainsi de diminuer la facture relative aux d̩chets de ceux qui payent les d̩chets au poids ou au volume (1). Si la Loi Grenelle 1 vot̩e au S̩nat au d̩but du mois reste en l'̩tat, ce mode de facturation devrait ̻tre g̩n̩ralis̩ d'ici 5 ou 10 ans.

Enfin, la couche lavable a la c̫te aupr̬s d'un nombre croissant de collectivit̩s, un peu partout en Europe, qui soutiennent financi̬rement son achat. En effet, l'utilisation de couches lavables repr̩sente en moyenne une diminution de plus de 900 kg de d̩chets par enfant qu'elles devraient sinon prendre en charge.

L'Hexagone continue enfouir ou incin̩rer la couche jetable alors qu'elle contient de la mati̬re organique (cellulose, selles, urine...). Autrement dit, dans une d̩charge, elle va participer la production de m̩thane, un puissant gaz effet de serre qui n'est pas capt̩ en totalit̩. Son incin̩ration fera perdre de l'̩nergie, utilis̩e pour l'̩vaporation de l'eau contenue dans les selles et l'urine, et participera la formation de substances chimiques dangereuses.

(1) La couche jetable est une part non n̩gligeable dans le tonnage des d̩chets r̩siduels : elle repr̩sente environ 1 kg de d̩chets par enfant et par jour.

Photo : ̩chantillon de couches lavables DR

Pour aller plus loin :

Participez au sondage sur l'usage des couches pour b̩b̩ sur http://www.arbalange.com/

Visionnez  Les couches de Strasbourg P̩kin  Arte, ̩mission GlobalMag du 9 janvier 2009

Contact : Wiebke Winkler

:: Mercure : une nouvelle chance pour une initiative internationale

Aujourd'hui s'est ouvert le 25̬me Conseil d'Administration du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE). Pendant cinq jours, les questions environnementales, notamment la pollution diffuse par le mercure, seront sur l'agenda des Nations Unies r̩unies Nairobi (Kenya).

En amont de cette rencontre, le Zero Mercury Working Group (une coalition de 75 ONG du monde entier dont le Cniid) a publi̩ une ̩tude sur la teneur en mercure du poisson. La contamination des poissons et des mammif̬res piscivores par le m̩thylmercure constitue une pr̩occupation de sant̩ publique l'̩chelle mondiale, insiste Michael Bender, directeur de Mercury Policy Project aux Etats-Unis et co-r̩dacteur de l'̩tude. Des ̩missions naturelles de mercure existent, mais l'activit̩ humaine a consid̩rablement augment̩ sa pr̩sence dans l'environnement. C'est un constat inqui̩tant d'autant plus qu'il s'agit d'une substance fortement toxique, en particulier lorsqu'elle se transforme en m̩thylmercure. Ce dernier s'accumule notamment dans la chair du poisson, remonte la chąne alimentaire et finit par se retrouver dans l'organisme humain.

La teneur en mercure du poisson varie selon les esp̬ces et les ̩chantillons. Le rapport attire notamment l'attention sur celle des grands pr̩dateurs marins. Un r̬glement europ̩en fixe des teneurs maximales de certains contaminants dont le mercure dans les denr̩es alimentaires. Il est largement admis que les esp̬ces situ̩es en haut de la chąne alimentaire marine concentrent plus que d'autres le mercure dans leurs tissus. Ainsi, pour les poissons propos̩s la vente, deux teneurs maximales sont retenir : 1mg/kg de poids l'̩tat frais pour les grands pr̩dateurs marins comme le thon ou l'espadon et 0,5 mg/kg pour les autres poissons. Les teneurs en mercure des trois ̩chantillons fran̤ais varient selon l'esp̬ce : maximal 0,14 mg/kg pour le thon mais 1,2 mg/kg pour l'espadon.

Rappelons ici que le mercure est un fl̩au plan̩taire qui ne s'arr̻te pas aux fronti̬res nationales ou r̩gionales. C'est pourquoi un rejet n'importe o dans le monde contribue alimenter la pollution diffuse au mercure ̩chelle de la plan̬te. D'o la n̩cessit̩ urgente d'une action mondiale efficace avec l'adh̩sion de tous les Etats.

Chacun, son ̩chelle, peut apporter sa contribution la diminution de la pr̩sence de mercure dans l'environnement en participant la collecte s̩lective des produits de consommation courante contenant du mercure.

Il est interdit de jeter la poubelle les d̩chets tels que :  

- la pile bouton. Rapportez-la au magasin, la mairie, la d̩ch̬terie ;

- la lampe basse consommation. Celle-ci est reprise au magasin ou encore la d̩ch̬terie. Pour trouver le point de collecte le plus proche de chez vous, rendez-vous sur le site Internet de R̩cylum, l'̩co-organisme en charge de leur collecte et recyclage ;

- le dispositif de mesure mercure (thermom̬tre m̩dical, barom̬tre, tensiom̬tre). Renseignez-vous aupr̬s de votre mairie pour connątre les dispositions de collecte des d̩chets dangereux diffus. ̥ Paris, les particuliers peuvent apporter ces objets dans les d̩ch̬teries qui acceptent les d̩chets dangereux ou prendre rendez-vous avec les services de la mairie pour un enl̬vement gratuit domicile au 01 43 61 57 36. En 2007 et 2008, le Cniid, avec le soutien de la Mairie de Paris, avait collect̩ des objets contenant du mercure. R̩sultat sur ces deux collectes : 17 kg de mercure en provenance des m̩nages parisiens. Le Cniid pr̩voit d'ailleurs cette ann̩e d'aider des associations locales mettre en place une telle initiative ponctuelle au niveau local.

Pour garder la sant̩, arr̻tons le mercure.

Pour aller plus loin :

Interdiction de mercure dans des dispositifs de mesure destin̩s la vente au grand public :

Acc̩der la directive europ̩enne de 2007 qui interdit le mercure dans thermom̬tres m̩dicaux, tensiom̬tres d'ici avril et les barom̬tres partir d'octobre 2009.

Mercure, interdiction des exportations et stockage des exc̩dents europ̩ens  :

Acc̩der au r̬glement europ̩en de 2008 qui interdit, partir du printemps 2011, les exportations de mercure m̩tallique et met en place le stockage des exc̩dents de mercure, notamment ceux issus de l'industrie du chlore et de la soude (estim̩s 12 000 tonnes).

Teneurs en mercure du poisson :

tude publi̩e en f̩vrier 2009 par le Zero Mercury Working Group se fondant notamment sur des ̩chantillons de poissons analys̩s issus d'Inde, des Philippines et de six pays membres de l'Union europ̩enne. Acc̩der au r̩sum̩ g̩n̩ral (en fran̤ais) et l'̩tude (en anglais).

Les dangers du mercure dans l'industrie :

Rapport publi̩ en f̩vrier 2009 par France Nature Environnement, membre de Zero Mercury Working Group, suite aux mesures atmosph̩riques proximit̩ de quatre sites fran̤ais de production de chlore et de soude par recours l'̩lectrolyse cathode de mercure.

Acc̩der au rapport.

Teneurs en mercure des cheveux :

tude publi̩e en France en 2007 par le Cniid, aux c̫t̩s de Health Care Without Harm et Health&Environment Alliance , qui avait tir̩ la sonnette d'alarme pour ce qui est des concentrations de mercure dans des cheveux de plus de 250 femmes de 21 pays : plus de 95 % des femmes participant ce pr̩l̬vement pr̩sentaient des concentrations d̩tectables.

Acc̩der au r̩sum̩ g̩n̩ral (en fran̤ais) et l'̩tude (en anglais).

Le mercure et l'or :

L'̩mission GlobalMag sur Arte vous am̬ne dans les coulisses de l'extraction mini̬re de l'or, notamment au P̩rou, o les travailleurs utilisent du mercure pour absorber la poussi̬re d'or.

Acc̩der l'̩mission

Photo : march̩ aux poissons aux Philippines DR

Contact : Wiebke Winkler
 
:: Agenda

Vendredi 20 f̩vrier : sortie du livre "24h d'̩co-gestes la maison", ̩crit par Bruno Genty et Gal Virlouvet. Pr̩sentation t̩l̩chargeable ici.

Vendredi 20 au dimanche 22 f̩vrier 2009 : Le Cniid sera pr̩sent au Salon Primev̬re qui se tient Lyon (Eurexpo). Projection du film Biutiful Cauntri et d̩bat le vendredi 20 f̩vrier 20h.

Vendredi 27 f̩vrier : Conf̩rence-d̩bat sur les d̩chets la salle Hohgraben de Dettwiller (20h). Ev̩nement organis̩ par l'association Osmonde XXI et anim̩ par Dany Dietmann.

Jeudi 5 mars 2009 : R̩union publique au sujet des d̩chets d'emballages Vanves. A l'initiative de l'associationla Ruche de Vanves, avec la participation du Cniid. Plus d'infos sur le site de la Ruche de Vanves ou au 01 55 78 28 60.

Samedi 28 mars 2009 : l'Assembl̩e G̩n̩rale Ordinaire du Cniid se tiendra Paris la Maison des Associations du 11e arrondissement, 8, rue du G̩n̩ral Renault. Procuration t̩l̩chargeable ici.

haut
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Le Centre national d'information ind̩pendante sur les d̩chets (Cniid) est une association loi 1901, financ̩e essentiellement par les dons et cotisations.
Personne physique ou morale, votre adh̩sion lui est essentielle. Soutenez-le !
C'est parce que des personnes comme vous et nous ont soutenu le Cniid depuis 10 ans que son ̩quipe est l aujourd'hui pour changer avec vous.
N'h̩sitez pas non plus parler de nos actions autour de vous et nous communiquer l'adresse mail de personnes susceptibles de nous rejoindre.
Cniid - 21, rue Alexandre Dumas - F-75011 Paris - tl. +33(0)1 55 78 28 60 - fax. +33(0)1 55 78 28 61 - www.cniid.org