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Le vermicompostage
 

 

 



 

 

- Pourquoi faire appel aux vers de terre ?
- Le vermicompostage, mode d'emploi
- Remarques
- Documents liés
- Liens utiles

- Pourquoi faire appel aux vers de terre ?

Pour une gestion plus durable de nos déchets et de nos sols
Les sols européens s'appauvrissent d'années en années en raison des décennies d'agriculture intensive, basée sur un important recours aux intrants mécaniques et chimiques comme les engrais, les pesticides etc. La mécanisation de l'agriculture a engendré un compactage des sols et a ainsi freiné la migration des éléments nutritifs à travers les différentes couches de ces derniers.
D'après Claude Bourgignon (ingénieur agronome INA-PG, ancien chercheur à l'INRA, directeur du Laboratoire d'Analyse Microbiologique des Sols), le sol représente une couche d'une épaisseur moyenne de 30cm autour de la terre et abrite 80% des êtres vivants. Or environ 90% de l'activité biologique des sols cultivés en Europe a été détruite par l'agriculture intensive.
L'apport de matière organique dans les sols est un moyen (parmi d'autres) pour redonner vie aux sols. Les vers sont tout à fait à même d'assurer ce rôle. Ils sont en effet capables, grâce à des enzymes contenues dans leur tube digestif, de produire de la matière organique hautement nutritive en digérant les déchets fermentescibles. D'après une étude menée par G. W. Dickersson* (Université du Nouveau Mexique - USA) le compost produit par les vers de terre présente des concentrations plus fortes en éléments nutritifs ( azote, phosphore, potassium ...) que le compost " traditionnel " de jardin.
L'utilisation de vers de terre dans la gestion des déchets organiques, appelé vermicompostage, permet ainsi de satisfaire deux enjeux écologiques de taille :
- conserver la matière contenue dans nos déchets en la valorisant pour un nouvel usage
- permettre un retour aux sols de la matière organique et ainsi améliorer leur qualité biologique

Le vermicompostage, un geste pratique réalisable même au coeur de la ville
Pourquoi utiliser des vers de terre plutôt que de faire un tas ou un bac à compost classique? Cette question mérite d'être posée. Le vermicompostage présente quelques avantages par rapport au compostage traditionnel, spécialement pour ceux d'entre nous qui habitent en ville. En effet, il est possible de gérer ses déchets fermentescibles à l'aide des vers en appartement. Il suffit d'installer un bac, appelé vermicomposteur, dans un endroit ni trop sec ni trop humide, et à température constante (idéalement comprise entre 13 et 25°C). On peut choisir de l'installer à la cave, les vers raffolent de l'obscurité. Le vermicompostage valorise les déchets organiques en les transformant en deux produits :
- le vermicompost, amendement organique à texture fine très riche en nutriments. Mélangé à de la terre (moitié/moitié) , il constitue un très bon support pour la pousse des plantes, légumes et autres.
- le jus de compost ou thé de compost. Il s'agit d'un liquide de couleur foncée qui s'accumule dans le fond du bac au fur et à mesure du travail des vers. C'est l'équivalent d'un engrais. On l'utilise en dilution pour nourrir les plantes : 1 volume de thé de compost pour 10 volume d'eau.

Le processus de vermicompostage est bien plus rapide que celui du compostage traditionnel. Ceci est du aux caractéristiques des vers employés pour le vermicompostage : ils sont gloutons, capables d'ingérer l'équivalent de leur propre poids en une journée, et se reproduisent vite. De ce fait, la décomposition des déchets ne s'effectue pas totalement, ce qui empêche la diffusion de mauvaises odeurs. Le volume des déchets se réduit très rapidement, ainsi on ne risque pas de se retrouver avec un vermicomposteur qui déborde.
Enfin, l'entretient d'un vermicompost est moins prenant que celui d'un tas de compost en extérieur. En effet, il n'est pas nécessaire de brasser le contenu du vermicomposteur pour l'aérer puisque les vers, en creusant leurs galeries, assure déjà cette fonction. Cependant, il est important de créer un milieu de vie favorable aux vers pour leur développement et le bon déroulement du processus. L'ajustement de ce milieu se fait au démarrage du vermicomposteur et requiert de l'observation et quelque tâches pratiques : préparation de la litière, dimensionnement des trous pour laisser passer les vers d'un étage du bac à un autre...

Les vers nous en apprennent tous les jours
Installer un vermicomposteur en classe peut être l'occasion de réunir les enfants autour d'une activité pratique mobilisant différentes facettes de la réflexion. Le vermicompostage permet d'expliquer ce qu'est un déchet organique et donc d'aborder la question des déchets de manière globale : pourquoi jetons-nous, que jetons-nous, où vont les déchets une fois mis à la poubelle, les déchets sont-ils un problème pour l'environnement etc. Le vermicompostage est un moyen concret pour leur montrer que les déchets sont aussi des ressources . Un déchet n'est pas forcément quelque chose de sale et sans avenir : la preuve, il est possible de les transformer en produits utiles pour les plantes. Le vermicompostage est un moyen de leur expliquer le recyclage et ses intérêts : économies de matières et de ressources naturelles, économie d'énergie, création d'un nouveau produit à partir d'un ancien. Le fonctionnement du vermicomposteur peut être un support pédagogique " vivant " pour expliquer et montrer aux enfants comment fonctionne un écosystème. Plusieurs conditions doivent être réunies pour permettre la vie des vers : humidité, température, lumière, matériaux organiques, présence de nourriture. Le bac est un biotope comme les autres : si l'on déséquilibre le milieu en influant sur un ou des paramètres, les vers meurent. Ceci est valable pour tous les êtres vivants, au moins à l'échelle de plusieurs générations, avant que ne se produisent des adaptations par mutation génétique. En outre, le vermicomposteur peut être un vecteur pour responsabiliser les jeunes : ils doivent s'assurer que les vers peuvent faire leur travail de transformateurs de déchets et pour cela surveiller le vermicomposteur et réagir s'il y a trop de vers, pas assez, si c'est trop sec etc...
Cette expérience pratique est répandue dans les écoles aux Etats-Unis.

- Le vermicompostage, mode d'emploi

Où se procurer les vers ?
Tous les vers ne sont pas capables de digérer les déchets de cuisine et de jardins en grande quantité. Seules deux espèces sont utilisées pour le vermicompostage : les vers rouges ( Lumbricus rubellus) et les vers tigrés (Eisenia foetida). On peut les trouver dans les tas de fumier avancés ou matures, spécialement dans le fumier de cheval. Vous pouvez demander à une de vos connaissances pratiquant le compostage de vous donner quelques litres de compost en décomposition contenant un nombre de vers suffisant. Enfin, il est possible de se les procurer auprès de commerces spécialisés.


Comment construire le vermicomposteur ?
Les vers ont besoin d'un habitat spécifique pour pouvoir vivre. La préparation du vermicomposteur ne peut donc s'improviser. Il faut veiller à quelques détails importants :
- Tout d'abord les vers n'aiment pas la lumière. Le bac doit être refermé par un couvercle.
- Le bac, étanche, peut-être en plastique ou en bois non traité ( sinon il s'avère toxique pour les vers).
- Le vermicomposteur doit permettre une récolte aisée du compost et du jus de compost. Pour cela, il est recommandé d'utiliser un bac à plusieurs niveaux.
- Le bon déroulement du vermicompostage nécessite un bac plus large que haut.
- Les vers ne mangent pas n'importe quoi : seuls les déchets organiques, exceptés ceux issus de protéines animales, peuvent être vermicompostés : épluchures, déchets de jardins, sachet de thé, filtre à café, papier journal, fruits et légumes passés


 



 

 

Le vermicomposteur multi-étages :
Ce système fonctionne à l'aide de trois ou quatre bacs empilés les un sur les autres. Le bac le plus bas collecte le jus de compost qui percole progressivement du haut vers le bas du vermicomposteur.
Le fond des autres bacs doit être percé de trous suffisamment larges (6 à 8mm de diamètre environ) pour laisser passer les vers d'un étage à l'autre . Ces perforations permettent également le drainage du système.

Démarrer le processus de vermicompostage
Le démarrage du vermicomposteur est la phase qui vous demandera le plus d'attention. Une fois effectué, l'entretien du vermicomposteur est très simple.
Le démarrage s'effectue dans le bac situé juste au-dessus de celui destiné à recueillir le jus. Afin que les vers évoluent dans un milieu adéquat avec leurs besoins, il est nécessaire de disposer une litière dans le fond du bac de démarrage. Celle-ci peut être composée de déchets verts (haies, feuilles mortes) mélangés à des cartons et papiers journaux broyés ainsi que du compost mûr. La litière doit constituer une couche d'au moins 5 cm. Il faut ensuite placer les vers dans cette litière et la recouvrir d'une fine couche de déchets de cuisine finement découpés. Afin que le processus se mette correctement en route, il faut arrêter de nourrir les vers pendant environ trois semaines après le démarrage. On peut ensuite remplir régulièrement le vermicomposteur avec ses déchets.

La récolte des produits du vermicompostage
Lorsque les vers ont fini de digérer les déchets contenus dans le bac de démarrage, ils migrent vers l'étage supérieur. Il faut donc commencer à remplir un second bac avec les déchets. Il est recommandé de ne pas retirer le bac de démarrage trop rapidement afin de permettre à tous les vers de migrer. Le nombre d'étages est à ajuster en fonction du nombre de personnes dans la famille et de leur production de déchets organiques.
Pour récolter le compost, après trois mois environ, il suffit de placer le bac choisi à la lumière du jour. Les vers vont s'enfoncer dans le compost afin de gagner l'obscurité : après 10 minutes, vous pouvez alors gratter les premières couches de compost mûr sans vers. Répétez cette opération toute les dix minutes jusqu'à ce que vous ayez récolter le maximum de compost.
Le jus est facilement récupérable en vidant le bac du bas. Il est possible d'équiper ce dernier avec un robinet.

- Remarques :

Le vermicomposatge est aussi appelé lombricompostage ou lombriculture. Nous avons choisi le terme vermicompostage, surtout employé au Canada, car il évite de créer une confusion : les lombrics sont incapables de digérer nos déchets organiques en grande quantité, à la différence d'autres vers comme le rouge et le tigré.

Si vous souhaitez vous procurer des produits pour effectuer du vermicompostage (bac, vers...) vous pouvez visiter le site suivant : http://www.verslaterre.fr/particuliers/
Cette boutique en ligne propose plusieurs articles de vermicompostage.


- Documents liés :

Télécharger le Guide pratique du vermicompostage édité par l'Institut Bruxellois pour la Gestion de l'Environnement.

- Liens utiles :

http://users.swing.be/compost/Main_Lombric.htm : résumé pratique sur le vermicompostage
http://www.tripandtrip.com/initiation.htm : site intéressant pour sa foire aux questions les plus posées

 

*George W. Dickersson, 1994, "Chemical characteristics of garden compost and vermicompost."

 
 
 

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- Compostage et méthanisation

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